Après avoir couru la Mini-Transat et dessiné bon nombre de prototype de 6m50, Pierre Rolland dessine en 1996 pour Bernard Stamm un 60 pieds Open monocoque pour participer au Vendée Globe 2000. Le navigateur suisse s’installe à Lesconil et construit un bateau magnifique. Lancé sous le nom de Superbigou, ce bateau est plus connu depuis qu’il porte les couleurs de Cheminées Poujoulat.
A bord de son 60 pieds, Bernard Stamm a battu le record de la traversée de l’atlantique en monocoque et a gagné deux fois la course autour du monde en solitaire avec escales (Velux Five Oceans).
En 2000, désireux de se faire son propre bateau de croisière, Pierre Rolland part du dessin de carène du 60 pieds pour concevoir un bateau de course-croisière inédit, très différent des productions industrielles actuelles. Le bateau est construit dans le Finistère avec une bande de copains. Dès les premières navigations, il séduit les observateurs grâce à sa silhouette résolument moderne et à ses performances sous voile. Ce type de bateau répond manifestement aux attentes des amateurs de sensations fortes en mer. Pour répondre à la demande croissante, Pierre Le Masson et David Page créent en juillet 2001 le chantier 3C Composite exclusivement dédié à la fabrication des Bongo.
Initialement prévu avec une quille fixe, le chantier innove rapidement en proposant les options quille relevable et jupe. En 2005 ils lancent le Bongo 8,70. Puis en 2006 Olivier Busnel commande le premier Bongo 9,60 biquille. C’est aussi sur ce bateau qu’apparaissent pour la première fois les « yeux » de rouf.
C’est la première version du Bongo 9,60 qui a servi de base aux développements des autres modèles. Sa silhouette ressemblait assez à celle du Pogo 8,50 (plan Rolland) avec un arrière un peu tronqué. L’ajout en option d’une jupe lui confère une ligne un peu plus fluide et apporte surtout un plus en utilisation croisière familiale.
Les emménagements du 9,60 quillard se composent d’un pic avant où peuvent dormir 2 adultes. Il n’est pas possible d’utiliser les caissons comme rangements car ils sont remplis de mousse d’insubmersibilité.
La table du carré est pliante pour pouvoir circuler. De part et d’autre de celle-ci, se trouvent deux banquettes confortables. Là encore on ne peut rien stocker en dessous car elles sont pleine de mousse. Au total 6 personnes tiennent assises sans problème autour de la table.
La cuisine est en forme de L. L’extrémité gauche du plan de travail est fixée sur la varangue qui tient la tête de la quille. Sur ce meuble de cuisine, se trouvent un évier et un petit rangement. Côté tribord, le réchaud/four à gaz occupe la place avec un rangement. La partie supérieure est composée de trois équipets assez profonds permettant de stocker les ustensiles de cuisine.
De l’autre côté se trouve la table à carte. Elle est dans l’axe du bateau. La partie horizontale est assez grande et on peut y déplier une carte sans problème. Au dessus se trouvent les instruments de navigation, un petit rayonnage pour des livres et un rangement à gauche. On trouve aussi deux grands rangements sous la table à carte. On peut au choix y intégrer ou pas un siège de veille.
L’arrière du bateau est divisé en deux cabines indépendantes de part et d’autre de la descente. Celle de tribord est la cabine double du bateau. Elle est suffisamment grande pour y dormir à deux adultes, et comporte un placard ainsi qu’un espace assez large pour y stocker un sac de voyage.
La cabine bâbord fait office de soute à voile et on y trouve le réservoir de gasoil apparent. Les toilettes sont situées juste à l’entrée, séparées du reste de la cabine par une petite cloison en arc de cercle.
Enfin, entre les deux barres franches se trouve un grand coffre de cockpit, accessible que de l’extérieur, par lequel on accède aux mèches des safrans. On peut y stocker une annexe gonflable, les pare battages, un second mouillage ainsi qu’un petit moteur hors bord.
Malgré son aspect trapu et bas sur l’eau, le Bongo 9,60 se révèle très spacieux et propice à la navigation familiale grâce à un intérieur offrant de beaux volumes de rangement. L’absence de planchers permet de profiter d’une hauteur sous barrot juste suffisante si on n’est pas trop grand.
Les varangues sont donc apparentes et il faut apprendre à vivre avec. On s’y fait très bien et elles n’empêchent en rien la circulation dans le bateau.
Le pont est typique des bateaux de course. Pierre Rolland s’est basé sur son expérience de la régate en Mini 6,50 et en Figaro pour dessiner un plan de pont simple et efficace. Bien qu’étant très large à la flottaison (3m75), le bateau ne gîte pas trop au près. Le cockpit est très sécurisant grâce aux deux hiloires qui permettent de se caler pas trop loin de la descente. Là encore c’est très appréciable en navigation avec des enfants en bas âge. La jupe est équipée en série d’une petite échelle à trois marches, très pratique pour la baignade.
Côté plan de voilure, le Bongo 9,60 présente l’immense avantage de posséder quasiment le même plan de voilure que le Figaro Bénéteau II. Cela permet de doter le bateau d’une garde robe high tech pour un prix très raisonnable. En effet, le nombre important de voile de coureurs sur le marché de l’occasion permet d’avoir un jeu de voile complet pour environ 3000 €.
A venir : description du Bongo 9,60 biquille, quille relevable, Bongo 8,70 quillard.
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