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Mardi 25 novembre 2008

Deux ans jour pour jour après l’arrivée du bateau dans le jardin de mes parents, Véro et moi avons effectué notre première navigation à bord de Rédika, notre Bongo 9,60 tout neuf. C’était le samedi 26 avril dernier par une belle journée ensoleillée et avec un petit vent de Sud d’une quinzaine de nœuds.

 

Il fallait qu’il fasse beau afin de pouvoir faire le tour du bateau et repérer des problèmes éventuels et surtout pour que Véro, ma femme, (qui n’a pas une grosse expérience de la navigation sur ce type de bateau) se sente à l’aise et prenne du plaisir. Nous sommes donc parti au portant au milieu de la procédure de départ d’une régate en double préparant à la Transquadra. Une fois éloignés de la foule, nous avons envoyé le spi medium pour nous déhaler jusqu’au travers de Saint Cast. Le bateau se comporte bien et est très véloce. Il accélère bien tout en demeurant parfaitement contrôlable à la barre. Ce bord de spi a permis de voir qu’il va falloir probablement diminuer un peu de rond de chute de la GV car elle frotte contre le pataras textile et on risque de tout abîmer. De plus le hale bas de bôme n’est pas assez puissant et est mal disposé par rapport aux joncs du hale bas poussant Barton. Il faut que je revoie cela et que j’adopte le même système que sur le Figaro. Heureusement j’ai une grosse quantité de photos techniques prises sur le Figaro BritAir, qui me permettent donc de résoudre bien des problèmes.

 

Nous avons enchaîné sur un bord de près vers la côte. L’occasion d’essayer le génois Kevlar de Figaro. Bien qu’il soit un peu plus petit que le génois préconisé par l’architecte, celui-ci fonctionne à merveille. Equipé de deux lattes sur le bord de fuite, il garde bien son profil et la chute arrive juste au niveau des haubans. Même dans les surventes (au-delà de 17-18 nœuds de vent réel) le bateau reste sur des rails et le génois ne se déforme pas. Nous avons enchaîné quelques virements de bord dans un vent qui allait crescendo. Véro s’est un peu emmêlée les crayons avec les deux barres, le changement de gîte et la relance du bateau, mais après quelques essais elle s’est très bien débrouillée. Nous avons poursuivi nos virements de bord jusqu’aux Hébihens où nous avons mouillé pour le déjeuner. L’arrivée dans les mouillages des Hébihens a fait forte impression. Il faut dire que le bateau ne passe pas inaperçu avec sa GV aux couleurs de BritAir … L’absence de lazy jack rend la manœuvre d’affalage et de pliage de la GV un peu fastidieuse mais je pense que ce n’est qu’une question de pratique. La rouler sur elle-même et la fixer sur la bôme me semble être la solution la plus efficace.

 

Au registre des travaux à finir, il ne reste plus grand-chose. Tout juste des petits planchers dans les toilettes et la cabine pour faciliter la circulation. Dans la soute à voile, je vais installer un petit filet qui plaquera les voiles contre la cloison, ce qui évitera de les abîmer à cause du raguage. Le seul gros boulot reste la fixation du vérin du pilote automatique. Il doit être monté sur un support solidaire de la structure du bateau car il doit pouvoir encaisser 450 kg d’effort. Scie sauteuse, CTP et stratification au programme de mes prochains repos … Sinon, tout le reste de l’électronique est monté et tout fonctionne à part le loch électromagnétique qui affiche 0. Certainement un petit problème de configuration …

 

Le retour à Saint Malo s’est fait au près sous Solent. Véro est devenue la reine des virements de bord et relance le bateau aussi bien que Jeanne Grégoire sur son Banque Populaire. Elle a tout compris à la navigation et sais barrer efficacement tout en surveillant le balisage et le sondeur. A la fin de la journée je n’avais plus rien à dire. Par contre je ne devais pas être en retard pour le prochain virement de bord … Finalement, au cours de cette première navigation, je n’ai pas touché à la barre, par contre j’ai embraqué quelques centaines de mètres de bout et j’ai des ampoules plein les mains !

 

Avec le recul je me dis qu’on a peut être mis le bateau à l’eau un peu trop tôt l’année dernière. Il restait encore beaucoup de boulot de finition à l’intérieur et sur le pont. En tout cas beaucoup de chose qui ont pris beaucoup plus de temps que je ne le pensais. Et comme j’ai été très occupé professionnellement cet hiver, voilà pourquoi on ne navigue que maintenant. En tout cas je ne regrette rien. L’aménagement d’un bateau est une aventure passionnante et je suis prêt à recommencer demain.

 

Car c’est un bon moyen de commencer dans la construction amateur. On pense trop souvent que celle-ci rime avec gros bateau pour voyage au tour du monde. Actuellement il existe en France quelques chantiers qui proposent des bateaux modernes en polyester à différents stades de finition. Le notre est un Bongo 9,60, émanation du premier 60 pieds Cheminée Poujoulat de Bernard Stamm. A la base c’est le projet de l’architecte qui voulait se faire un bateau de croisière. Mais le dessin a plu à ses copains et finalement le bateau s’est retrouvé presque malgré lui produit à plus de 35 exemplaires. Et ce n’est pas fini. Le chantier Oléa composites a relooké le dessin et propose maintenant un bateau un peu mieux fini intérieurement. Je n’aurais jamais imaginé me lancer dans l’aventure de la construction d’un Grand Shpounz. Par contre quand j’ai vu que le Bongo était disponible avec simplement la coque pontée structurée avec la quille et les safrans en place, j’ai immédiatement été emballé. Car qui n’a jamais de rêvé de construire son bateau ? Et n’avoir à faire « que » l’aménagement intérieur, l’électricité, la plomberie, l’électronique, la menuiserie, les peintures … ça simplifie quand même grandement les choses.  Le résultat est à la hauteur de nos espérances. On a  atteint le niveau de finition que l’on souhaitait sans tomber dans la démesure, tout en respectant à peu près le budget.

 

Maintenant on va naviguer et en profiter. Si mon métier m’en laisse le temps, je vais participer aux 110 mille de Concarneau en solitaire. Puis au mois de juillet je vais assurer le suivi de la Transquadra du Bongo biquille d’Olivier et Bruno (Régional). Et puis il y a l’association Bongo and Co (asso de propriétaire de Bongo) que nous allons essayer de faire vivre sur l’eau et sur internet. Bref, du pain sur la planche …

 

Merci à tous ceux qui nous ont aidés, conseillés, encouragés au cours de la réalisation de ce beau projet. Rendez-vous prochainement à Saint Malo pour le baptême du bateau.

 

A bientôt sur l’eau.

Par Yann Le Borgne - Publié dans : Témoignages
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